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    Deux hivers un été - Valérie Villieu & Antoine Houcke

    Parution : mercredi 15 avril 2020, aux éditions La boîte à bulles
    Texte

    Née en 1926 en Allemagne dans une famille d'origine polonaise, juive mais peu pratiquante, Wally Aviam a raconté son histoire sur le tard à Valérie Villieu. Celle-ci en a tiré un scénario captivant, relu par Annette Wieviorka - gage de rigueur historique – qui a ensuite été mis en images avec beaucoup de talent par Antoine Houcke, dessinateur belge. 

    L'histoire de la famille de Wally ressemble à celle de ces milliers de Juifs d'Europe de l'Est venus chercher une vie meilleure dans la France des années 20, un pays qui exerçait encore charme et fascination pour son histoire, sa culture, ses valeurs. Wally grandit dans une famille nombreuse et unie, avec des parents aimant qui, à force de travail, parviennent à faire prospérer leur activité de confection jusqu’à la veille de la guerre.

    Avec l'Occupation allemande et les lois anti-juives, l'étau se resserre sur la famille. Après les premières rafles, les parents décident d'envoyer Wally et ses sœurs à Corenc, un petit village au-dessus de Grenoble. 

    Texte

    Toute la première partie - avant l'arrivée dans les Alpes - est dessinée en nuances de gris, avec quelques trouvailles visuelles particulièrement réussies, comme cette étoile de David en fil barbelé qui enferme la famille, évoquant les lois antijuives prises par le gouvernement de Pétain ; ou l’effacement progressif de la page des visages des amis et voisins de Wally, annonciateur de leur disparition prochaine. 

    La couleur arrive progressivement dans le récit, au fur et à mesure du voyage vers la zone libre, qui ne signifie pas la fin des épreuves pour Wally et ses sœurs, mais permet d’illustrer son émerveillement devant la découverte de la montagne et de ses beautés en toute saison. 

    La mise en parallèle du récit personnel de Wally qui accumule les épisodes tragiques (vie clandestine, arrestation du frère Beno en 1941, des parents en 1942, survie…) et des événements historiques (déclaration de guerre, exode, invasion de la zone libre…) fonctionne particulièrement bien. Et l’émotion grandit au fil de la lecture, de l’association entre les mots et le dessin, le choix des symboles, la précision des détails… On s'attache sans peine au parcours de Wally, à la fois singulier et représentatif du destin de tant d'autres familles juives de France broyées par la Shoah. 

    Texte

    A paraître mercredi 15 avril 2020 aux éditions La Boîte à bulles.

    Préface d'Annette Wieviorka. 

    Cette bande-dessinée a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. 

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